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1871 Pour la troisième fois le peuple, un moment roi Charles Keller 1871
Pour la troisième fois le peuple, un moment roi,
S'est vu violemment dépouiller de son droit.
La sainte Égalité, comme en rêve entrevue,
Pour la troisième fois au monde est apparue,
Le niveau d'une main, de l'autre le fusil,
Seins au vent, et fronçant son superbe sourcil.

Formidable, sa voix, sa grande voix profonde
Criait aux nations: "C'est moi seule qui fonde
La Liberté, fuyant idéal de vos voeux,
Parce que, seule, j'ai les bras assez nerveux
Pour saisir corps à corps la tyrannie ancienne,
La soulever de terre, et, sans reprendre haleine,
L'étouffer dans les airs, et lui briser les reins.

C'est moi qui suis l'espoir! Peuples contemporains,
Ne vous y trompez pas; j'engage la bataille
Au nom des malheureux, de la maigre canaille
D'en bas, contre les grands, la racaille d'en haut.
Je brûle le palais des rois et l'échafaud;
Je donne à la justice un gage indestructible;
Avec moi l'Avenir est frayé; l'invincible
Est vaincu, le Tyran ne reviendra jamais.

L'Océan populaire envahit les sommets,
Et sacre de ses flots, souverains de la terre,
Le Travail pacifique et la Justice austère.

Et le Monde entendit durant deux mois la Voix;
Puis elle s'éteignit pour la troisième fois.

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Informazioni

Da "La musica dell'altra Italia", sito non più online.

Scheda canto

Autori testo: Charles Keller

Periodo: L'età dell'imperalismo (1870-1914)

Lingua: francese

Tags: comunisti/socialisti